LA DEPRESSION SAISONNIERE

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Depuis maintenant presque vingt ans, on connait une forme de dépression liée aux saisons. Cette entité est appelée dépression saisonnière et porte le nom chez les anglais de « SAD » pour « seasonal affective disorder »

Comme son nom l’indique, la dépression saisonnière s’exprime de manière cyclique. Les personnes qui en souffrent – une grande majorité sont des femmes – se plaignent de troubles de l’humeur, de tristesse mais encore d’autres manifestations tout aussi difficiles à vivre. Pour répondre à la définition de dépression saisonnière, il faut inclure d’autres critères, tels que la tendance à manger beaucoup plus que d’habitude, surtout en ce qui concerne les sucres. Ceci va évidemment de pair avec une prise de poids de type « yoyo » bien difficile à assumer. Par ailleurs, les individus atteints éprouvent une irrépressible envie de dormir. Ils ressentent un réel manque d’énergie et une irritabilité qui pèsent lourdement sur leur travail mais aussi sur la vie de famille, la relation de couple,

Est-ce une maladie fréquente ?

En Belgique, on n’a pas vraiment étudié la fréquence de cette affection. Par contre, nos voisins suisses se sont penchés sur la question et on estime, par comparaison, qu’environ 5 à 10% de la population en souffrent entre les mois d’octobre et de mars.

Il est très difficile d’estimer l’importance de la maladie, notamment parce que de nombreux individus se plaignent du manque d’énergie en hiver, sans qu’on puisse vraiment parler de maladie. On parle alors de su syndrome, probablement très répandu mais dont le retentissement familial ou professionnel est nettement moindre.

Quelle est la cause ?

Les experts ne peuvent toujours pas expliquer avec précision les mécanismes de cette forme de dépression. On a pu constater que dans les pays de l’hémisphère sud, ce n’est pas pendant les mois d’octobre à mars que la maladie sévit mais bien vers les mois de juin et juillet.

Ceci permet de faire le lien avec la lumière et avec les hormones dont la production dépend du degré de luminosité.

Expliquons-nous. Deux hormones principalement entreraient en jeu bien que cela n’ait pas encore vraiment été prouvé.

La première, la mélatonine, dont on a beaucoup parlé ces derniers temps, est une substance qui joue des rôles importants sur l’humeur et la vitalité. Il a été démontré que si la luminosité est trop faible- ce qui se passe en hiver – la mélatonine est produit en quantité beaucoup plus importante, ce qui génère des troubles de l’humeur et une baisse de vitalité.

La deuxième hormone, la sérotonine, est connue pour les fonctions qu’elle exerce, notamment dans la régulation de la consommation des aliments riches en sucres. Chez les patients qui souffrent de SAD, ce mécanisme est perturbé et l’envie d’ingérer des substances sucrées persiste même après la prise de sucres.

Comment savoir si on souffre de SAD ?

De nombreuses personnes sont atteintes de dépression saisonnière sans en être conscientes. Si vous rassemblez des symptômes décrits ci-dessus, peut-être êtes-vous sujet au SAD. Pour le confirmer parlez-en à votre médecin.

Les réponses du docteur

A l’aide d’un interrogatoire précis, et éventuellement des témoignages de vos proches, un spécialiste pourra déterminer l’existence de cette affection et juger si un traitement est nécessaire.

Dans certains centres, on procède aussi à des dosages biochimiques des hormones dont on a parlé ci-dessus.

Quel traitement ?

On peut prendre en charge cette affection de plusieurs manières, soit par un traitement médicamenteux classique, soit par une technique qui se base sur la lumière, appelée photothérapie ou lux thérapie ou encore luminothérapie.

Tous les centres ne pratiquent pas encore la photothérapie, bien que son efficacité ait été prouvée à plusieurs reprises. On a démontré la relation inverse qui existe entre la durée d’exposition à la lumière et son intensité. Le traitement doit se faire au moyen d’une lampe qui émet des longueurs d’ondes lumineuses adaptées : il ne s’agit donc pas de n’importe quelle lampe. Généralement, on utilise une intensité d’environ 2500 lux pendant une durée de 2 heures. Pour référence, il faut savoir qu’un éclairage ordinaire a une intensité de 500 lux.

Certains centres proposent une intensité beaucoup plus forte pour une durée nettement moindre, soit 10.000 lux pendant une demi-heure mais c’est surtout aux Etats-Unis que l’on applique cette procédure. Si la photothérapie représente la technique thérapeutique de choix, tous les patients ne sont cependant pas prêts à accepter le concept. De plus, il faut consacrer le temps nécessaire quotidiennement pendant la période concernée, soit 1 à 2 heures par jour.

Pratiquement, le patient se place devant la lampe, posée sur une table et peut s’occuper en lisant, par exemple. Il doit juste jeter un coup d’œil directement vers la lampe, une ou deux fois par minute.

Généralement, on propose des séances le matin plutôt que le soir, parce que cela risquerait de provoquer des troubles du sommeil.

Quels sont les risques ? Prévention et suivi

Si l’indication est bien posée, et donc si le patient a consulté un médecin spécialisé dans la prise en charge de tels troubles, la photothérapie est très efficace et ne fait pas courir de risques. On en ressent déjà les effets

Positifs dès le 4ème ou 5ème jour. Parfois, certaines manifestations indésirables indiqueront qu’il faut stopper le traitement ou revoir son médecin, par exemple des nausées, des maux de tête, de l’agressivité, des troubles du sommeil. Certains problèmes oculaires ne permettent pas de doute, mieux vaut consulter un ophtalmologue. Pour ces raisons ou si le patient ne souhaite pas se traiter par photothérapie, un traitement antidépresseur classique donne d’aussi bons résultats.

Chez les patients pour qui le problème se pose chaque année, on peut envisager des séances préventives de photothérapie. On les débute avant la mauvaise saison, à raison d’une demi-heure le matin, à la même intensité que dans le traitement même.

On peut aussi envisager de prendre la lumière en se promenant le matin pendant une heure, bien qu’à partir d’une certaine saison, la luminosité ne soit plus suffisante.

Dans tous les cas, le patient doit revoir régulièrement son médecin, non seulement pour évaluer de façon précise l’efficacité du traitement adopté mais également et idéalement pour bénéficier d’entretiens psychothérapeutiques qui l’aideront également.

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